« CONTRIBUER A L’EMPLOYABILITÉ POUR TOUS, C’EST NOTRE OBJECTIF  »

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5 questions à Wouter Van Damme
Responsable du projet VET Toolbox

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VET Toolbox. Derrière ce nom mystérieux se cachent à la fois une des préoccupations majeures de la cellule Éducation d’Enabel et une approche inédite pour notre agence. De quoi s’agit-il ?

Effectivement, VET est l’acronyme de Vocational Education and Training, en français, l’enseignement et la formation professionnels (EFP), sous toutes ses formes. La manière dont nous travaillons dans le projet VET Toolbox est radicalement différente des approches classiques de projet de développement.

D’abord, parce qu’il s’agit d’un projet financé par l’Union européenne en collaboration avec 4 autres agences européennes de développement. Ensuite, parce que nos appuis s’inscrivent dans le très court terme : quelques semaines au maximum. Nous intervenons de manière ponctuelle en fournissant du conseil et de la formation. Notre objectif global est d’augmenter l’employabilité pour tous.

Premièrement, nous basons nos conseils sur des faits et tenons compte de la recherche sur l'enseignement et la formation professionnels. Nous analysons également les données du marché du travail. Ensuite, nous impliquons le secteur privé dans l'EFP et dans les activités sur le marché du travail. Enfin, nous voulons renforcer l'inclusion des groupes vulnérables - femmes, personnes handicapées, minorités - dans l'EFP et dans les activités formelles et informelles du marché du travail. 

Nous nous occupons de questions qui proviennent d’organisations professionnelles ou sectorielles, de gouvernements locaux, ou d’ONG actives sur place. Notre rôle est de les inspirer en leur apportant les outils et les méthodes dont ils ont besoin pour mener leur projet à bien. D’où le nom de « Toolbox », ou boîte à outils.  
©Enabel/Colin Delfosse
Une boîte à outils qui regroupe donc plusieurs pays ?

Tout à fait. Ce projet est un partenariat entre plusieurs agences de développement nationales : Enabel, LuxDev (Luxembourg), GIZ (Allemagne) et le British Council (Royaume-Uni). Nous avons reçu un financement de 15 millions d’euros de l’Union européenne, ainsi que 500.000 euros du gouvernement allemand. Les différentes agences participantes ont conclu des accords de division du travail : l’idée est de s’appuyer sur les atouts de chacun. Nous voulons décider ensemble, pour chaque demande, quelle est la meilleure manière d’y répondre et qui interviendra sur le terrain pour apporter cette réponse. 

Parallèlement à cette première activité, nous allons développer des instruments et des outils que nous mettrons à disposition sur une plateforme web, ainsi qu’organiser des conférences ou des séminaires. Notre objectif est de partager les connaissances actuelles entre les acteurs du développement et de contribuer à l’émergence de nouvelles idées. 

Enfin, nous allons lancer un système de financement pour les projets pilotes innovants qui permettent de mieux impliquer les « groupes vulnérables » dans l’EFP. Je pense notamment aux femmes, aux personnes handicapées, aux migrants, mais aussi aux jeunes en décrochage scolaire et professionnel.
« Notre rôle est d’apporter aux intervenants les outils et l’expertise dont ils ont besoin » 
C’est donc un projet tout neuf. Comment se passe le démarrage ?

Effectivement, tout a démarré en septembre 2017. Nous avons monté ici à Bruxelles une cellule de coordination composée de cinq membres, et nous avons un chargé de liaison dans chacune des quatre agences partenaires. Nos activités battent déjà leur plein : nous avons par exemple apporté notre expertise au Sénégal et au Mali. Nous y avons formé une soixantaine de gestionnaires d’écoles au management et à la meilleure manière d’accorder une place au secteur privé dans la gestion d’un centre de formation. Nous avons aussi participé à l’organisation d’une conférence à Dakar sur les partenariats public-privé dans l’enseignement professionnel. Qu’est-ce qui est possible, qu’est-ce qui se fait déjà ailleurs ? Quelles leçons peut-on en tirer ? Rassembler les représentants de nos pays partenaires et des experts internationaux nous a permis de partager une foule d’idées et de bonnes pratiques !
©Enabel/Thea Mathues
Et vous avez d’autres interventions en préparation ?

Nous travaillons en ce moment sur des demandes en provenance du Ghana, du Pakistan, du Botswana et du Vietnam. Au Pakistan, nous allons aider les autorités à implémenter une loi sur l’apprentissage en entreprise. Le but est d’accompagner la Commission nationale de la formation professionnelle dans la mise en œuvre des lois sur l’EFP : nous allons développer un manuel pratique et organiser des formations. Au Botswana, il s’agit de travailler sur l’implication du secteur privé dans l’EFP, ainsi que d’analyser le marché du travail dans les secteurs du tourisme et de l’élevage pour en tirer des recommandations. Au Ghana, nous allons aider les acteurs de l’enseignement à développer une méthodologie pour adapter les programmes de formation aux besoins du secteur privé. Enfin, au Vietnam, nous allons aider les autorités à déterminer des critères de qualité qu’elles pourront utiliser pour guider les centres de formation vers plus d’inclusion des groupes vulnérables. 

Et nous ne comptons pas nous arrêter là ! Nous venons en effet de lancer un site web (www.vettoolbox.eu) pour recueillir de nouvelles demandes d’appui. Nous avons déjà reçu plusieurs questions par ce biais et nous sommes persuadés que ce n’est que le début. 

Nous sommes une boîte à outils: nous voulons dépasser l’approche « projet » pour développer une approche « services d’appui ». C’est une façon de démultiplier l’expertise et de venir renforcer le travail des agences de développement par le biais de nouvelles formes d’appui. 

Et à quoi vous attellerez-vous dans le futur ?

Nous allons rapidement œuvrer à la mise en place d’indicateurs de performance, l’objectif étant de déterminer l’efficacité de nos interventions. Nous allons donc à la fois mesurer le nombre de services prodigués et le nombre de pays impliqués, mais aussi la manière dont nous sommes parvenus à renforcer les capacités des organismes qui ont sollicité notre appui. Nous avons, par exemple, créé une échelle de maturité dans le domaine de la formation et de l’insertion professionnelle. Elle nous sert à évaluer les pays partenaires avant et après notre intervention afin de voir si nous avons effectivement pu contribuer à un changement positif.

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