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Et la lumière fut!

Au Mozambique, les technologies géospatiales innovantes se mettent au service de l’électrification.

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À l’instar de 630 autres jeunes talents, Antoine De Clippele a vécu sa première expérience professionnelle à l’étranger dans le cadre du Programme Junior d’Enabel. Une expérience électrisante, comme il nous l’explique lui-même.

En quoi consiste le programme Renewable Energy for Rural Development Phase 2 (RERD2) et quel rôle y as-tu joué?

Le programme RERD2 est un projet d’Enabel en partenariat avec le Fonds National pour l’Énergie du Mozambique. Son objectif est d’améliorer l’accès à l’énergie dans les zones rurales et contribuer ainsi au développement social et économique de ces régions. Un des objectifs de ce projet est de construire, dans les zones rurales trop éloignées du réseau électrique, des mini-réseaux* locaux ​alimentés par de petites centrales solaires ou hydroélectriques.

Dans ce cadre, la première étape est d’identifier les agglomérations trop éloignées du réseau électrique national pour espérer un raccordement au cours des prochaines années, et dont la densité de population soit suffisante pour que la création d’un mini-réseau ait un impact aussi important que possible. L’accès à l’énergie doit aussi permettre à la population locale de développer de nouvelles activités économiques.

Or, comme dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, le Mozambique fait face à un problème de disponibilité des données. Par exemple, les informations sur la localisation de la population ou du réseau électrique local n’existent pas ou ne sont pas disponibles facilement en raison des difficultés de coordination entre les différents acteurs du secteur de l’énergie. Identifier les sites potentiels pour l’électrification hors réseau nécessite donc un travail intensif, tant sur le terrain qu’au niveau central. C’est une méthode coûteuse, lente, et susceptible d’erreurs. C’est là que nous sommes intervenus.
La première étape de ce processus consiste à identifier les villages

Enabel a proposé une solution basée sur les technologies géospatiales innovantes (GIS). De quoi s’agit-il et quel était ton rôle dans le projet?

L’idée était d’intégrer et de croiser les données provenant de différentes sources afin de présélectionner les agglomérations les plus prometteuses, ce qui permet de prioriser le travail des équipes de terrain. Dans un premier temps, l’utilisation du GIS permet de sélectionner les sites prometteurs. Sur cette base, les équipes peuvent mener une enquête téléphonique en appelant les responsables locaux, et affiner la sélection. Ce n’est qu’alors que les équipes de terrain se rendent sur place pour confirmer le potentiel de chaque site.

Pour compenser les données incomplètes ou dépassées sur la population ou le réseau électrique, nous avons dû rechercher des alternatives. Pour les données concernant la population, il existe plusieurs initiatives “open source”, c’est-à-dire libres d’accès sur le net. Menées entre autres par les Nations Unies, Facebook, et GRID3, elles produisent des estimations de populations en se basant sur les recensements disponibles, les images satellites, et des modèles statistiques.

Pour le réseau électrique, nous avons utilisé un modèle appelé Gridfinder. Il permet déterminer la localisation la plus probable des lignes électriques en fonction des lumières nocturnes et des données de population. Dans un deuxième temps, nous avons croisé notre travail avec les données existantes et notre connaissance du terrain. Grâce à une collaboration renforcée avec Électricité du Mozambique (EDM), nous avons pu y ajouter le tracé des futures lignes électriques. Nous avons pu, après ce travail minutieux, identifier les agglomérations les plus prometteuses.

Reste enfin à vérifier le nom de ces villages, ce qui n’est pas non plus une mince affaire. Certains villages n’ont pas de nom sur les cartes, d’autres en ont plusieurs, différents selon les sources. Toutes ces données ont été assemblées grâce à des outils Open Source comme QGIS, un des logiciels les plus répandus. Le résultat final est loin d’être parfaitement exact, mais il permet de disposer d’un point de départ pour déterminer les villages prioritaires pour la construction de mini-réseaux.
Au Mozambique, de nombreux villages sont très isolés et ne sont donc pas reliés au réseau électrique © Isabel Corthier
Avais-tu déjà une formation dans ce domaine?

À la base, j’ai fait des études de bioingénieur, pas de géographe. Bien sûr, j’avais déjà quelques bases dans l’utilisation de ce genre d’outils, mais j’ai pas mal appris sur place. Tout peut s’apprendre. Notre but était d’ailleurs de faire en sorte que ce qu’on a mis au point puisse être appris et réutilisé. C’est loin d’être insurmontable. Une grande partie de mon travail sur place a aussi consisté à former d’autres personnes à ces techniques, afin de renforcer les capacités locales en la matière.

Où en est le projet aujourd’hui?

Mon contrat s’est terminé il y a quelques mois, et la partie qui concernait l’identification des villages était également clôturée. Les équipes avaient commencé à contacter les entreprises qui seront chargées de mener les études nécessaires et de procéder à l’installation de ces mini-réseaux électriques. À côté de cela, il y a encore d’autres projets de renforcement des capacités de FUNAE. Notre projet a par exemple été complété par une nouvelle composante pour travailler sur des projets d’irrigation alimentée par l’énergie solaire. Le travail est donc loin d’être terminé.

Quel bilan tires-tu de ton engagement auprès d’Enabel?

Un bilan très positif! J’ai énormément appris tant au niveau professionnel que personnel. Ce n’est pas toujours évident de travailler avec des partenaires qui ont chacun leur propre vision. Mais, dans mon cas, nous étions intégrés dans les équipes de FUNAE et du ministère de l’Énergie (MIREME). Et ça, c’est vraiment une chance. Cela permet de bien comprendre les enjeux, le contexte et les besoins de chacun. Et de développer de chouettes relations! Je dois dire que j’ai eu pas mal de chances avec mes collègues. Bien sûr, c’est toujours un peu frustrant de quitter un projet avant la fin. Mais je suis content d’avoir pu travailler sur ma partie. Pour moi, c’est clairement une très belle expérience qui en valait la peine!
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* Un mini-réseau est un ensemble de petits générateurs d'électricité et éventuellement de systèmes de stockage d'énergie interconnectés à un réseau de distribution qui fournit de l'électricité à un petit groupe localisé de clients et fonctionne indépendamment du réseau de transport national.
Antoine De Clippele donne une formation à l'utilisation des SIG au fonds national de l'énergie du Mozambique

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