Enabel dans le secteur de l'agriculture. Interview de Sofie Van Waeyenberge | Enabel - Agence belge de développement

« L’AGRICULTURE, CRUCIALE POUR UNE CROISSANCE INCLUSIVE »

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Quatre questions à Sofie Van Waeyenberge
Coordinatrice de la Cellule Agriculture, Enabel Bruxelles

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Quelle est l’importance du secteur de l’agriculture ?

Le secteur de l’agriculture est particulièrement important pour la Coopération belge au développement : Enabel est active dans ce secteur dans treize pays partenaires.

Tant les donateurs traditionnels que les émergents, mais aussi de plus en plus d’investisseurs privés et de fondations, accordent une attention toute particulière à l’agriculture. Et à raison : dans les pays les moins avancés, le secteur de l’agriculture demeure de loin la principale source d’emplois.

Cette attention croissante est également perçue dans de nombreux pays partenaires. Dans la Déclaration de Maputo (2003), les pays africains se sont engagés à porter à 10 % le budget national affecté à l’agriculture. Dans certains pays, il n’était que de 1 ou 2 %. Même si ce chiffre n’est assurément pas atteint partout, la plupart des pays ont déjà mis en place des plans d’investissement agricoles et le budget a considérablement augmenté dans plusieurs d’entre eux. 
Dans les pays les moins avancés, le secteur de l’agriculture demeure de loin la principale source d’emplois.
Comment Enabel formule-t-elle ses projets agricoles ?

Les stratégies de développement et les institutions nationales du pays partenaire, de même que les priorités de la Coopération belge au développement, constituent le point de départ. Sur la base d’une analyse de la politique, de la situation concrète sur le terrain et de la capacité des acteurs impliqués, nous examinons comment faire évoluer au mieux le secteur dans son ensemble. Nos programmes offrent fréquemment un appui institutionnel au niveau national (à des ministères techniques et, éventuellement, à d’autres partenariats stratégiques), mais aussi un appui opérationnel à divers acteurs à des fins de mise en œuvre concrète de la politique sur le terrain. L’interaction entre politique et exécution est activement soutenue. 
Comment le changement climatique peut-il être pris en compte dans nos interventions ?

L’agriculture doit, en première instance, s’adapter aux changements de temps ainsi qu’aux sécheresses et inondations toujours plus présentes, imputables au changement climatique. Cela peut notamment se faire en adaptant les méthodes agricoles et les variétés de cultures, de même qu’en encourageant une meilleure gestion des ressources hydriques. La recherche agronomique joue à cet égard un rôle important.

D’autre part, nous devons rendre l’agriculture plus durable afin de limiter son influence sur le climat. Une démarche que nous pouvons faire en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre et en stockant davantage de CO2, notamment à travers le reboisement, un frein à la déforestation et une saine gestion des sols. Enabel recherche des solutions lui permettant de mieux intégrer les principes agroécologiques à ses programmes.
Quels sont les principaux défis pour l’avenir ?

La croissance économique et l’urbanisation croissante dans les pays africains accentuent la demande d’une nourriture diversifiée et de qualité. Cela ouvre potentiellement de nouvelles opportunités pour les agriculteurs. Il n’en demeure pas moins que les petits agriculteurs, essentiellement, n’ont pas toujours facilement accès à plusieurs services cruciaux comme un financement, des moyens de production, l’innovation et l’information… Il nous faut par conséquent continuer à apprendre des modèles et innovations testés par toutes sortes d’acteurs, tout en analysant comment étendre les succès locaux au moyen d’une politique adaptée.

Quant à la création d’emplois, s’adressant surtout à la masse de jeunes vivant en zone rurale qui se retrouvent chaque année sur le marché du travail, elle sera une condition sine qua non de la croissance inclusive.

La hausse constante des prix de la nourriture se solde par ailleurs par un accaparement (landgrabbing) toujours plus conséquent des terres agricoles par des investisseurs nationaux et étrangers. Il est dès lors plus important que jamais de protéger les droits fonciers des exploitations agricoles familiales.

Il convient enfin d’ajouter que les différents acteurs du secteur ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde concernant les modèles agricoles à privilégier. La plupart des donateurs et des organisations internationales perçoivent l’appui octroyé à l’agriculture familiale de petite taille comme un élément essentiel pour garantir une croissance inclusive et une sécurité alimentaire à long terme. Cette vision n’est toutefois pas toujours partagée par les autorités des pays partenaires, qui intègrent essentiellement à leurs plans des investissements dans l’agriculture intensive. C’est pourquoi il est tellement crucial de continuer à analyser et à documenter le rôle joué par l’agriculture familiale à petite échelle.  

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