LE DÉSENCLAVEMENT

Outil de développement rural en RD Congo
La mobilité est cruciale pour le Congo, vitale pour les populations rurales isolées. Désenclaver les bassins de production est une priorité de la coopération belgocongolaise depuis une dizaine d'années.

Plus de 7.500 km de routes, une centaine de ponts et une vingtaine de bacs de passage ont été réhabilités ou construits, pour faciliter la circulation des personnes et des biens. Tour d'horizon des programmes, aujourd'hui déployés dans quatre provinces de ce gigantesque pays.

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Maïs, manioc, riz, légumes quittent chaque jour les campagnes congolaises pour alimenter les villes en empruntant un vaste réseau de routes de desserte agricole. 
Les produits manufacturés, le carburant et les autres matériaux font quant à eux le chemin inverse.

De ces routes dépendent le développement des populations rurales et toute l'économie locale reposant sur l'agriculture. Le problème est que la plupart de ces routes sont en mauvais état, bien souvent depuis des décennies. Des régions entières sont enclavées, à peine accessibles à moto dans certains cas.

LA RÉHABILITATION, PREMIER PAS VERS UN RÉSEAU ROUTIER OPÉRATIONNEL

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Désenclaver les zones rurales pour stimuler leur développement est l'un des objectifs du programme de la coopération belgo-congolaise.

Les réseaux routiers (ou fluviaux) prioritaires à réhabiliter sont identifiés de façon participative avec les autorités et la société civile, en synergie avec les programmes agricoles financés par la Belgique ou d’autres donateurs.

L'approche adoptée consiste à rendre un réseau praticable, par des interventions ponctuelles prioritaires et un aménagement progressif : construction d’ouvrages d’art (ponts, dalots), traitement des bourbiers, des nids de poule, amélioration de la chaussée de roulement… Ainsi, les liens entre les campagnes et les villes sont rétablis. Les échanges économiques reprennent, incitant les populations rurales à produire plus et à vendre leur surplus sur les marchés. Les études d’impact montrent clairement l’augmentation de la production agricole dans les localités désenclavées.

L'ENTRETIEN,GAGE D'UN DÉSENCLAVEMENT DURABLE

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Sans entretien, les routes – souvent des pistes en terre – se dégradent, sous l'effet des pluies intenses, de la végétation envahissante et des mauvaises habitudes des usagers. Elles deviennent impraticables en quelques mois. L'impact d’une réhabilitation sur l’économie agricole rurale ne peut être pérennisé que via l’entretien du réseau routier sur le long terme.

Pour l'heure, les maîtres d’ouvrages provinciaux n’ont ni la capacité technique, ni la capacité financière pour assurer l’entretien de leur réseau. Les programmes de désenclavement de la coopération belgo-congolaise contribuent donc directement à l’entretien du réseau routier, tout en développant les capacités et en renforçant les maîtres d’ouvrages, pour qu’ils assument ce rôle au terme des programmes. Pérenniser l’entretien reste l’enjeu principal. Au niveau national, les premiers pas ont été franchis avec la création du Fonds National d’Entretien Routier (FONER), qui génère des recettes de plus de 100 millions d’euros par an via la taxation du carburant.

La gestion technique et financière du Fonds, dans le contexte de décentralisation très récent, n'est pas encore optimale. Le Fonds pourrait couvrir une grande partie des dépenses liées à l’entretien du réseau qui compte près de 150.000 km de routes et de pistes à travers le pays.

RETOMBÉES ÉCONOMIQUES LOCALES

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Réhabiliter une route rurale crée des emplois temporaires pendant la durée du chantier. La stratégie d'entretien mise en place reposant principalement sur le cantonnage (travail manuel d’entretien routier) génère des emplois permanents au niveau local. Des Comités Locaux d’Entretien Routier (CLER), constitués de riverains, ont été mis sur pied. On estime aujourd’hui à 12.000 le nombre de cantonniers, chefs d’équipes, gestionnaires des CLER employés uniquement sur le réseau entretenu sur financement belge. Ces revenus supplémentaires permettent aux cantonniers et à leur famille de faire face aux dépenses liées à l’éducation, à la santé, etc. Bien entendu, toute la région profite aussi des retombées économiques du désenclavement : le transport et le commerce se développent.

Cette approche élaborée au niveau local a été reconnue officiellement comme l'une des modalités d'entretien routier éligibles au financement par le FONER.

LE CODE DE LA ROUTE : ENTRE PAPIER ET RÉALITÉ

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Camions surchargés, non-respect des barrières de pluie et autres tracasseries mettent à mal les efforts consentis. Des excès de charge de 50 à 100 % sont la règle sur la majeure partie du réseau routier congolais. Le passage d'un seul camion surchargé peut anéantir tout le travail des cantonniers. De même, les barrières de pluie, qui régulent le trafic et protègent les voies, sont peu respectées. Le code de la route est pourtant clair, mais il n’est pas souvent appliqué, par méconnaissance et manque de contrôle. À ces problèmes s’ajoutent les tracasseries subies par les chauffeurs de la partde certains agents de l’État, qui vont jusqu’à doubler le coût du transport sur certains tronçons. Ces pratiques menacent l’impact et la durabilité des investissements. C’est pourquoi les programmes de la coopération belgo-congolaise comprennent un volet de sensibilisation des usagers et des agents de l’État. Les programmes appuient également le contrôle du code de la route via la fourniture d’équipements comme des pèse-essieux, des ponts-bascules ou des barrières de pluie, et des formations sur leur utilisation correcte et intègre.

LA VISION POUR LE FUTUR: UNE MAÎTRISE D'OUVRAGE FORTE

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On comprend que la gestion d'un réseau routier est complexe : acteurs multiples, budgets importants, technicité avancée, législation à appliquer, pratiques nuisibles. 

Renforcer les capacités des partenaires pour mieux surveiller, entretenir, gérer leur réseau de transport est donc un volet indispensable des programmes si l'on veut assurer la pérennité des travaux réalisés. Ce volet se concrétise par un appui technique et logistique aux Commissions Provinciales Routières. Ces organes supervisent le réseau routier et les financements du secteur. Ils réunissent les autorités provinciales, les acteurs techniques et économiques, les partenaires et la société civile, en vue de mieux planifier, de mieux gérer et d'assurer la durabilité des investissements.

Un travail de très longue haleine, mais qui porte déjà ses fruits !

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