Les soins de santé, à la rencontre des populations | Enabel - Agence belge de développement

Les soins de santé, à la rencontre des populations

Équipes mobiles de soins au Niger
Au Niger, de nombreuses personnes vivent dans des zones reculées et par conséquent dangereuses. La route vers le centre de santé le plus proche étant souvent très longue, elles ne s’y rendent pas facilement. Pour y remédier, Enabel a élaboré une solution avec ses partenaires nigériens. 

Curieux·euses de la connaître ? Suivez les traces de l’équipe de soins mobiles et découvrez leur histoire dans ce récit. 

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TOUT FAIRE À pied

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Imaginez- vous ! Vous vivez dans une région très isolée de votre pays. La couche d’asphalte de la route a depuis longtemps disparu sous le soleil brûlant, et pendant la saison des pluies, la terre compactée se transforme en un véritable bourbier. Vous travaillez votre terre, vous envoyez vos enfants à pied à l’école la plus proche, vous n’avez pas de voiture pour vous déplacer.

Chaque semaine, vous vous rendez à pied au village le plus proche pour faire des courses et vendre vos récoltes, mais cela vous prend beaucoup de temps. Pour obtenir vos soins médicaux de base, vous pouvez vous rendre dans un poste de santé, mais il vous est souvent arrivé de vous retrouver devant porte close, le poste n’ayant pas été approvisionné en fournitures médicales. En cas de souci médical plus urgent, vous devez vous rendre en ville. Mais il est impossible de vous y rendre à pied car elle se situe à des heures de route du village.

C’est là l’un des défis à relever du Niger, ce pays subsaharien, qui fait 40 fois la taille de la Belgique et est l’un des pays les plus pauvres au monde. Malgré les efforts du gouvernement nigérien, l’accès à des soins de santé de qualité reste un challenge majeur.

Longue distance et insécurité

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Certaines populations n’ont même aucun accès à des soins, parce qu’elles vivent dans des zones très éloignées et peu sûres, ce qui rend très difficile l’accès à un centre de santé. Les routes sont en mauvais état ou trop dangereuses. Se déplacer à pied n’est pas une option, et le trajet en bus revient souvent cher.
    
« La route entre le centre de santé de Bengou et le village de Koukoki est dangereuse et le trajet coûte trop cher pour les populations. Sur le chemin, vous pouvez vous faire attaquer et vous faire voler votre argent, ou votre moto ou encore être blessé·e », nous raconte Dan Joumeye Moutari, collaborateur de projet d'Enabel.   

Pour résoudre ce problème, Enabel travaille avec le ministère de la Santé dans deux régions du pays. Depuis 2019, des équipes de soins mobiles se rendent directement à la rencontre des populations pour les soigner sur place.
Le gouvernement nigérien souhaite à terme que chaque habitant ou habitante se trouve dans un rayon de cinq kilomètres maximum autour d’un centre de santé local offrant le paquet minimum de soins. Ce paquet minimum se compose de consultations médicales pour les malades, de consultations prénatales, de vaccinations pour les enfants et d’une assistance lors d’accouchements.

Pour des soins médicaux plus complexes, les personnes sont dirigées vers l’hôpital. Mais, comme elles vivent souvent à plus de 5 kilomètres, il leur est difficile de rejoindre un tel centre.

Elles peuvent alors se rendre dans un poste de santé plus petit dans leur propre village. Ces derniers offrent des services médicaux plus limités, suffisants pour des soins médicaux mineurs, mais comme ils manquent souvent de personnel ou de matériel médical, la population est tout de même obligée de se tourner vers des centres de santé plus éloignés.

 
"La route entre le centre de santé de Bengou et le village de Koukoki est dangereuse et le trajet coûte trop cher pour les populations. Sur le chemin, vous pouvez vous faire attaquer et vous faire voler votre argent, ou votre moto ou encore être blessé·e" 
Dan Joumeye Moutari - Collaborateur de projet d'Enabel.

Équipes mobiles de soins

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Les équipes mobiles, actives dans la région depuis 2019, remédient à cette situation : elles se rendent régulièrement dans les postes de santé accompagnées de matériel, de médicaments et de personnel médical.

En outre, des services supplémentaires sont proposés chaque mois, afin de permettre aux habitants et habitantes des villages environnants de bénéficier d’autres prestations médicales et de désengorger les plus grandes structures médicales.

« Nous organisons des sorties médicales chaque mois », nous explique le Dr. Issaka Salifou. « Je me rends avec deux infirmier·es dans différents villages d’une région spécifique. Nous y proposons des consultations médicales : pour les femmes enceintes et les enfants qui doivent se faire vacciner, mais tout le monde peut nous consulter pour d’autres soucis de santé aussi. » 
Les équipes mobiles se déplaçaient en voiture, en charrette tirée par des buffles ou des ânes, voire à dos de chameau ou en bateau.
« Grâce aux équipes de soins mobiles, nous n’avons plus à parcourir 10 km », témoigne Adama Mounkaila, une patiente qui utilise ce service. « C’est un grand soulagement, notamment pour les femmes enceintes qui, souvent, ne parvenaient pas à se rendre à leurs consultations prénatales au centre de santé, faute d’avoir de quoi payer le transport. »
 
Une équipe mobile est composée de médecins ou d’infirmier·es et de sages femmes qui sont en charge des consultations avec les patientes. Elle compte aussi toujours un·e communicateur·rice qui informe les habitants et habitantes de la région de l’arrivée de l’équipe médicale.

Prévention et sensibilisation

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Ces sorties s’accompagnent aussi d’une sensibilisation à l’alimentation des enfants, à l’importance de la vaccination, à la planification familiale et aux accouchements assistés. Il est donc important que les personnes ayant des besoins médicaux ne soient pas les seules à se présenter au rendez-vous, mais que le plus grand nombre possible de personnes soient présentes pour recevoir des informations médicales.

« Chaque mois, le·la chef·fe du centre de santé m’appelle pour m’informer de l’arrivée de l’équipe médicale. Je passe à mon tour le message aux chef·fes des villages concernés. Pour transmettre l’information à la population, ces dernier·es utilisent le mégaphone de la mosquée et vont à pied prévenir les autres. Ensuite, tout le monde se rassemble ici lors de la venue des agent·es de santé », nous raconte Mamata Idé, responsable du poste de santé d’Alfaguey Belandé.   
Depuis la création du poste de santé en 2007, Mamata Idé y travaille seule pour une population de plus de 2.000 personnes. Cela représente une charge de travail importante, surtout pendant la saison des pluies où le paludisme fait rage.

 « Je suis la seule agente de santé travaillant à ce poste, mais je suis assistée par deux sages femmes. Sans les visites mensuelles des équipes mobiles, je n’aurais pas pu tenir le coup. Elles renforcent notre équipe et nous apportent du matériel tel que du gaz pour le petit réfrigérateur où sont conservés, entre autres, les vaccins contre la rougeole. Si elles ne viennent pas, les gens doivent marcher jusqu’au centre de santé de Tanda, ce qui représente 24 kilomètres aller-retour. »

Oumarou Garba, le maire d’un village de l’île de Lété, située au milieu du fleuve Niger, est également impatient de voir arriver les équipes de santé. « Auparavant, nous devions nous rendre à Gaya pour obtenir une aide médicale, soit à une distance de 40 km sur le continent », nous dit-il.  

« Nous utilisions une charrette tirée par un âne. Aujourd’hui, les équipes médicales viennent directement sur l’île. Elles soignent les malades et assistent les femmes enceintes ; depuis, l’état de santé général de mes concitoyens et concitoyennes s’est nettement amélioré. »  
Regardez la vidéo sur le projet
“Grâce aux équipes de soins mobiles, nous n’avons plus à parcourir 10 km. C’est un grand soulagement, notamment pour les femmes enceintes qui, souvent, ne parvenaient pas à se rendre à leurs consultations prénatales au centre de santé, faute d’avoir de quoi payer le transport.”
Adama Mounkaila - Patient

Les soins de santé au Niger 

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  • 34% des femmes reçoivent l’entièreté des visites prénatales conseillées lors d’une grossesse (minimum 4)
  • 39 % des accouchements sont assistés par du personnel médical. 
  • La mortalité maternelle s’élève à 462 décès pour 10 000 naissances (Pour comparaison, en Belgique : 8 décès pour 10 000 naissances).
  • La mortalité des enfants de moins de 5 ans s’élève à 84,5 décès pour 1000 naissances (Pour comparaison, en Belgique : 3,8 décès pour 1000 naissances).
  • 54 % de la population du Niger a accès aux soins de santé.

Le projet en chiffres

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  • Entre janvier 2019 et décembre 2021, 32 sorties mobiles ont été organisées.
  • 8.979 femmes ont bénéficié de consultations prénatales (4 visites durant leur grossesse).
  • 17.231 enfants de moins d’un an ont bénéficié d’une consultation pour nourrissons.
  • 14.435 enfants âgés de 9 mois ont été vaccinés contre la rougeole.
  • 9.473 accouchements se sont déroulés avec une assistance médicale    

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