« Qu’il soit local ou international, le commerce est un élément central du développement. »

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Cinq questions à Samuel Poos
Responsable du Trade for Development Centre

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Outre le soutien au commerce équitable et durable, le Trade for Development Centre s’oriente également vers un appui plus général au secteur privé. De quoi s’agit-il ? 

Au départ, notre rôle est d’améliorer l’accès au marché pour les producteurs du Sud et de promouvoir le commerce durable et équitable. Nous y ajoutons aujourd’hui une démarche complémentaire dans le cadre des programmes gouvernementaux. Il s’agit de stimuler l’entrepreneuriat, d’accompagner le développement d’entreprises, de filières ou de secteurs économiques dans les pays partenaires.

Vous accompagnez les entreprises dans leurs choix de développement, par exemple en les orientant vers le marché local. Pourquoi ?

Dans certains cas, ce choix peut s’avérer plus judicieux. Au Maroc, par exemple, l’Agence belge de développement a accompagné les coopératives locales de la filière du safran dans la recherche d’opportunités commerciales. Les spécialistes en marketing engagés dans le projet les ont aidées à évaluer les différents débouchés possibles, et ont réalisé qu’il y avait un plus grand potentiel dans la vente au secteur touristique. En effet, de nombreux hôtels, restaurants et commerces importent actuellement leur safran : leur proposer de mettre en valeur un produit local a plus de sens que de tenter de concurrencer les gros pays exportateurs sur les marchés internationaux.
« Nous voulons identifier les coopératives, les entreprises locales qui ont le plus de chances de réussite et leur apporter 
notre soutien. »
Votre action s’oriente donc entre autres vers les entreprises locales ? 

Effectivement. Mais l’idée est de concentrer notre aide : notre but est d’identifier les entreprises locales qui ont le plus de potentiel en termes de développement économique et de développement tout court, et de leur apporter notre soutien, en espérant qu’elles créent un effet d’entraînement. Au Kivu, par exemple, nous avons accompagné une coopérative de producteurs de café Arabica de qualité : de mille membres, elle est passée à cinq mille membres aujourd’hui. Cette plus grande taille exerce une influence positive sur ses capacités de négociation, ce qui est tout bénéfice pour les petits producteurs et permet de stabiliser davantage la région. 
Outre les projets menés par la coopération gouvernementale belge, vous essayez aussi de collaborer avec les ONG, et même avec le secteur privé ? 

Effectivement, oui. L’idée est de regrouper nos moyens pour que nos politiques aient plus d’impact. Au Burundi, par exemple, nous avons soutenu une coopérative, Cococa, qui exporte dix à onze pour cent du café produit dans le pays. Notre appui et celui d’autres ONG ont notamment permis à un fonds d’investissement de financer une station de lavage du café. Cela permet de créer plus de valeur ajoutée sur place, et de stimuler l’emploi et l’entrepreneuriat local. C’est toute la philosophie derrière l’idée de coordonner les actions pour concentrer les moyens.

Dans le même esprit, nous essayons aussi de mener des actions conjointes avec le secteur privé. En Tanzanie, par exemple, la Coopération belge collabore avec la principale entreprise productrice de teck. Celle-ci voulait impliquer la population locale dans la gestion des forêts, afin de lutter contre le déboisement. Fournir un revenu à la population locale en échange de son implication dans cette gestion des forêts permet en effet d’améliorer ses conditions de vie et d’éviter que de nouvelles terres soient déboisées pour l’agriculture de subsistance. Tout en garantissant l’approvisionnement en bois du producteur de teck. Bref, tout le monde y gagne.

Nous avons aussi soutenu un projet de la Honeyguide Foundation, qui vise à développer le secteur touristique, en collaboration avec les tribus massaïes, dans les zones de passage des éléphants. Nous avons financé la construction de « lodges », la formation de guides touristiques massaïs et la signalisation pour les touristes.
Parallèlement, nous aimerions, à l’avenir, développer des partenariats avec des entreprises belges qui sont déjà intéressées par les filières durables. Notre action viserait à la fois à pérenniser les partenariats entre ces entreprises et les coopératives locales, et à faire en sorte de développer plus de valeur ajoutée sur place. En fait, qu’il s’agisse de collaborer avec le secteur privé, avec des ONG ou avec les autres projets de la Coopération belge, la philosophie est toujours la même : coordonner les actions et regrouper les moyens pour augmenter notre impact.

Nous explorons aussi les possibilités de collaboration avec la diaspora des pays où nous intervenons. Nous venons par exemple de lancer un projet pour stimuler les entrepreneurs marocains actifs en Belgique et leur proposer d’investir au pays.

Vous parlez souvent de regrouper les actions pour maximiser leur impact. Comment comptez-vous développer cet axe à l’avenir ?

Notre idée est en effet de cartographier l’action des différents intervenants dans les pays partenaires, que ce soient les ONG ou le secteur privé, afin de coordonner les efforts. Nous voulons aussi réfléchir aux moyens d’impliquer plus d’entreprises belges et européennes dans nos projets, toujours dans l’idée de les pérenniser et d’agrandir leur ancrage local.

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