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08 juillet 2025

D’architecte à humanitaire

Entretien avec Florence Radu – ancienne Experte Junior au Sénégal

Florence Radu, 34 ans, a construit sa carrière à la croisée de l’architecture, de la coopération et de l’action humanitaire. Architecte de formation, elle a d’abord travaillé pour Enabel au Sénégal dans le cadre du Programme Junior, avant de rejoindre Médecins Sans Frontières, où elle a été déployée au Soudan, en Afghanistan, en République centrafricaine, au Soudan du Sud et au Nigeria.

 

Sa première expérience dans la coopération internationale a commencé avec le projet Parerba d’Enabel, qui vise à freiner l’exode rural vers Dakar en développant les secteurs agroalimentaires locaux. Embauchée comme junior en aménagement du territoire, elle a travaillé sur la définition des périmètres maraîchers, la gestion de l’eau des différentes parcelles et a créé une base de données cartographique avec les SIG (Système d’Information Géographique). « La zone est immense, et la cartographie nous a aidés à mieux visualiser nos actions et à les adapter au terrain. »

Avant la fin de son contrat, elle a développé un site web pour permettre aux partenaires et aux autorités locales de suivre l’évolution du projet et ses impacts concrets, comme le nombre d’emplois créés.


Qui compte dans ta vie ?

Après avoir commencé à Thiès, Florence a suivi le projet à Kaolack, un carrefour très fréquenté sur la route du Mali et de la Gambie. « Au début, ça n’a pas été facile de m’adapter. Il y avait très peu d’expatrié·e·s, ce qui me rendait très remarquée. Ça peut être une sensation bizarre. Mais ça m’a aidée à nouer des relations plus étroites avec mes collègues sénégalais·e·s. »

Avec le recul, elle se rend compte que cette période a été déterminante dans sa vie. « J’ai appris l’importance d’identifier les personnes clés sur qui s’appuyer dans les moments difficiles. » Florence parle avec émotion des liens qu’elle a tissés : « J’ai rencontré des gens extraordinaires, des collègues juniors et des collègues sénégalais·e·s. »

L’un de ses souvenirs les plus marquants reste sa fête d’adieu à Kaolack : « J’étais émue. J’avais l’impression que mon travail était reconnu, même si je n’étais qu’une « jeune passante » dans le projet. »

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Leçons, adaptation et flexibilité

« Le programme Junior a lancé ma carrière. C’est grâce à cette expérience que je travaille aujourd’hui avec Médecins Sans Frontières. En tant que juniors, on a des postes « bonus », car qu’il y ait un·e junior ou non, le projet doit quand même atteindre ses objectifs. Mais ça m’a permis de vraiment façonner mon poste moi-même. » Elle a profité de cette liberté, notamment en dirigeant le travail sur les SIG (Système d’Information Géographique), qui est devenu central dans le projet.

Florence reste critique sur certains aspects de l’implication des partenaires financiers. « Quand notre principal partenaire est venu, ça a pris beaucoup de temps et d’énergie pour préparer sa visite. Je pense que nos actions devraient parler d’elles-mêmes, et donc, pour moi, ça aurait plus de sens qu’ils viennent nous voir pendant une journée de travail normale. Mais bon, c’est comme ça que le système fonctionne. »

Elle apprécie l’indépendance de Médecins Sans Frontières à cet égard : « Sans partenaires institutionnels, on est plus libres d’agir et on peut se concentrer uniquement sur notre travail. »

 

On ne sait jamais ce que demain nous réserve

Aujourd’hui responsable des installations hospitalières, Florence veille à ce que celles-ci soient en place pour que les équipes médicales puissent faire leur travail correctement. Elle envisage actuellement un poste au siège de Médecins Sans Frontières à Bruxelles, avec des visites régulières dans les pays d’activités. « Un peu plus de stabilité serait bien pour un moment, et pour voir ma famille plus souvent. »

Au-delà du travail, vivre à l’étranger a changé la vision du monde de Florence. « En Belgique, les gens pensent souvent de la même manière. Au Sénégal, j’ai réalisé qu’il y avait d’autres vérités, d’autres façons d’aborder la vie. »

Un exemple frappant pour elle était l’utilisation de « Insha’Allah » (si Dieu le veut) pour fixer un rendez-vous. « Au début, ça m’énervait. Pour moi, si on prend rendez-vous à 9 heures demain matin, c’est 9 heures, pourquoi ajouter Insha’Allah ? Mais plus tard, j’ai compris : on ne contrôle pas tout, qui sait ce qui peut se passer d’ici demain matin ? Cette philosophie m’a marquée. »

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