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10 juillet 2026
Créer, transmettre, entreprendre : la culture portée par des femmes
Série « L’impact du Prix Awa » – Épisode 3
Pendant 4 ans, le projet « Prix Awa » a appuyé des femmes entrepreneures à fort impact social et communautaire. Cette initiative, financée par la Belgique et mise en œuvre par Enabel, visait à soutenir l’entrepreneuriat des femmes dans les pays partenaires de la coopération belge.
Via 3 concours internationaux, le projet a accompagné 27 entrepreneures, assorti d’un prix allant de €1.500 à €50.000. Aujourd’hui, Enabel vous invite à découvrir, au fil d’une série d’articles, l’impact du Prix Awa sur les entrepreneures accompagnées.
Les industries culturelles et créatives, gardiennes des identités et leviers de résilience
La culture façonne les identités, transmet des valeurs et raconte des histoires collectives. Dans des contextes marqués par des changements démographiques et sociétaux, les industries culturelles et créatives (ICC) jouent un rôle clé : elles préservent les savoirs ancestraux et offrent des espaces d’expression et de transmission.
Artisanat, littérature, gastronomie, mode, storytelling numérique : de nombreuses femmes entrepreneures font vivre et réinventent leur culture, tout en bâtissant des modèles économiques durables.
C’est le cas d’Adja Soro (Côte d’Ivoire), Credia Umuhire Ruzigana (Rwanda), Enas Skaik (Palestine), Oumou Hawa Camarra (Guinée), Raissa Ikuzwe (Rwanda), Safae Bennouna (Maroc) et Sonia Guiza (Côte d’Ivoire), soutenues par le Prix Awa.
Diffuser le cinéma africain
Passionnée de cinéma depuis son enfance, Sonia Guiza a fondé Lagozi Entertainment. Basée en Côte d’Ivoire, l’entreprise distribue des films africains dans les salles de cinéma, via des caravanes itinérantes, les chaînes de télévision et les plateformes de VOD.
Lauréate de la catégorie ‘Start up’ du Prix Awa 2024, Sonia a développé des collaborations avec d’autres lauréates, notamment Adja Soro et Aïcha Macky. Elle a organisé le tout premier festival du cinéma ivoirien à Paris, réunissant plus de 1.000 personnes autour de projections, débats et événements dédiés au 7ème art africain. Forte de ce succès, Sonia prépare actuellement la deuxième édition du festival.
Transmettre l’histoire pour inspirer les nouvelles générations
Au Rwanda, Credia Umuhire Ruzigana s’est donnée pour mission de faire revivre l’histoire d’ héro·ïnes rwandais·es oublié·es, dans un pays profondément marqué par le génocide. À travers Imanzi Creations, sa maison d’édition, elle propose livres, jeux et contenus audiovisuels qui ancrent la jeunesse dans ses racines culturelles.
Lauréate du 1er Prix de la catégorie Scale-up en 2022, Credia a reçu 36.000 euros, investis dans le renforcement de la gestion de son entreprise et la diversification de ses titres et formats pour toucher un public plus large.
Imanzi propose désormais des publications en braille, rendant ce contenu culturel riche accessible à un public souvent mis de côté.
Forte des formations et de l’accompagnement en leadership suivi dans le cadre du Prix, Credia a surmonté son « syndrome de l’imposteur ».
« Je ne sous-estime plus mes capacités ni le potentiel de mon entreprise. Si j’ai toujours cru en ma vision, je suis aujourd’hui capable de convaincre les autres, qu’il s’agisse de collègues ou d’investisseurs. »
Raconter l’Afrique contemporaine par le storytelling
En Côte d’Ivoire, Adja Soro, lauréate du 1er Prix de la catégorie Innovation en 2024, place le récit au cœur de son engagement entrepreneurial. Avec le Studio Kä, elle valorise la diversité culturelle africaine à travers des vidéos d’animation inspirées d’histoires authentiques. L’acquisition de matériel informatique de pointe et l’appui d’expertises scénaristiques et créatives internationales ont renforcé les capacités de création de ses équipes, menant au développement de deux nouveaux projets d’animation.
Adja a également lancé le développement d’un autre produit qui lui tient à cœur : la première plateforme panafricaine de webtoons et de bandes dessinées numériques produites localement. Le prix Awa lui a aussi permis de mettre en place une stratégie de distribution au-delà des frontières ivoiriennes. Une manière de faire voyager les récits africaines à l’internationale.
Découvrez SPARK, le magazine en ligne sur l’animation et le divertissement africain d’Adja Soro.

Entreprendre pour transmettre un savoir-faire ancestral
Au Maroc, le Prix Awa a accompagné Safae Bennouna (Hedo), qui confectionne des vêtements en portant une attention particulière au choix des matières premières et aux conditions de travail des artisanes avec lesquelles elle collabore. En Palestine, Enas Skaik (Sabaya Embroideries), lauréate gazaouie, a pu renforcer la stratégie marketing et la digitalisation de sa marque, gagnant en visibilité à l’international.
L’entrepreneuriat qui transmet des saveurs
En Guinée, Oumou Hawa Camarra fait découvrir et valorise la richesse de la culture culinaire guinéenne à travers son entreprise « La cuisine d’Hawa ». Le Prix Awa lui a permis d’étoffer sa carte avec des nouveaux plats issus de la région et de développer ses services de traiteur.
Au Rwanda, Raissa Ikuzwe (Ino Coffee) a poursuivi son travail de valorisation du café cultivé localement, avec une refonte de sa marque et l’ouverture d’un nouveau point de vente.
La culture comme force de transformation
Ces parcours racontent une culture vivante, portée par des femmes qui la font dialoguer avec leur époque. Une culture qui se transmet, se réinvente et s’incarne dans des projets audacieux où création et entrepreneuriat avancent main dans la main.
À travers ces sept trajectoires, cet article illustre comment la valorisation des savoir-faire et des récits peut aussi être un levier économique puissant. Ces initiatives ne se contentent pas de préserver une mémoire : elles ouvrent des perspectives durables pour les territoires, les communautés et les générations futures.