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27 mars 2026
Forum d’Affaires UE-Régional – Corridors d’Afrique de l’Ouest : levier pour les partenariats d’investissement
Entretien
Les 30 mars et 1er avril 2026, Abidjan accueillera le Forum d’Affaires UE-Régional, un événement de haut niveau destiné à accélérer les investissements et à renforcer la collaboration le long des corridors stratégiques Abidjan-Lagos et Abidjan-Ouagadougou. Organisé en collaboration avec l’Union européenne et des partenaires nationaux et régionaux clés, notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Nigeria, le Bénin, le Ghana et le Togo, le Forum rassemble des autorités publiques, des institutions financières, des organisations internationales et des dizaines d’acteurs du secteur privé afin d’identifier des opportunités commerciales et de nouer des partenariats durables.
Pour Enabel, qui pilote le projet Global Gateway Support pour ces corridors, le Forum constitue une occasion unique de mettre en relation les entreprises européennes et africaines avec les besoins locaux, l’expertise et les stratégies nationales. En favorisant les échanges B2B, B2G et G2G, les sessions de présentation d’investissements et les tables rondes thématiques, l’événement vise à transformer les ambitions stratégiques en projets concrets qui améliorent la connectivité, la mobilité, le commerce et la résilience économique.
À l’heure où la coopération internationale nécessite de plus en plus un engagement fort du secteur privé, le Forum incarne le rôle d’Enabel en tant que facilitateur, reliant l’innovation, les politiques publiques et les investissements à fort impact pour stimuler une croissance durable à travers l’Afrique de l’Ouest. Jean Van Wetter, CEO d’Enabel, explique.
Pourquoi le Forum régional des entreprises de l’UE à Abidjan est-il si important aujourd’hui ?
Jean Van Wetter: « Ce Forum intervient à un moment où les relations entre l’Afrique et l’Europe sont en train d’être redéfinies. Nous nous éloignons d’un modèle centré sur l’aide pour nous diriger vers un modèle fondé sur le partenariat, l’investissement et les intérêts économiques communs. Pour la Belgique, cette évolution est stratégique. Notre prospérité, notre compétitivité et nos objectifs de transition sont de plus en plus liés à la croissance économique et à l’intégration régionale de l’Afrique. Abidjan est le lieu tout désigné pour cette discussion : c’est un pôle économique majeur et une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest, situé au cœur de corridors stratégiques qui relient les marchés, les populations et les chaînes de valeur. Ce Forum est une plateforme de travail où les acteurs belges, européens et africains peuvent identifier des opportunités concrètes et transformer l’ambition politique en réalité économique. »
De la vision politique aux projets concrets : qu’est-ce qui fait souvent défaut ?
Jean Van Wetter: « L’Union européenne et la Belgique disposent de stratégies solides, d’outils de financement et d’engagements politiques. Ce qui fait souvent défaut, c’est la capacité à les traduire en projets concrets et viables sur le plan financier. Les investissements échouent non pas parce que les capitaux manquent, mais parce que les écosystèmes locaux sont complexes : les cadres réglementaires, les capacités institutionnelles, l’identification des partenaires et la confiance sont autant d’éléments qui comptent. C’est là que la coopération internationale doit évoluer, passant du financement de projets à la mise en place d’écosystèmes favorables. La mise en œuvre, l’ancrage local et l’engagement à long terme sont décisifs. »
Quelle valeur ajoutée une agence comme Enabel apporte-t-elle, pour la Belgique et pour les entreprises ?
Jean Van Wetter: « Enabel est un instrument essentiel de la coopération internationale belge et européenne précisément parce que nous opérons à la croisée des politiques publiques, des réalités locales et de la dynamique du secteur privé. Grâce à notre présence de longue date dans les pays partenaires, nous offrons un accès à des réseaux locaux de confiance, notamment aux autorités publiques, aux entreprises locales, aux institutions financières et à la société civile. Nous aidons les entreprises à comprendre les contextes locaux, à identifier des partenaires crédibles et à s’y retrouver dans les environnements réglementaires et institutionnels. Ce faisant, nous réduisons les risques et contribuons à garantir des investissements durables, responsables et alignés sur les priorités de développement local. Nous ne sommes pas nous-mêmes des investisseurs, mais nous facilitons l’investissement en créant les conditions propices à sa réussite. »
Les corridors sont plus que de simples infrastructures. À quoi ressemble le succès ?
Jean Van Wetter: « Les infrastructures ne sont qu’un point de départ. Un corridor est couronné de succès lorsqu’il génère de l’activité économique sur toute sa longueur, lorsque les PME locales se développent, que des emplois sont créés, que la logistique s’améliore et que les coûts commerciaux diminuent. Pour les entreprises belges et européennes, le succès signifie également prévisibilité et durabilité : des règles claires, des institutions fiables et des partenaires locaux capables de fonctionner et de se développer. Pour les pays partenaires, cela signifie une création de valeur qui reste locale et contribue à une croissance inclusive. »
En quoi ce Forum profite-t-il concrètement au secteur privé ?
Jean Van Wetter: « Pour les entreprises et les investisseurs, le Forum offre clarté et accès. Il rassemble les pouvoirs publics, les bailleurs de fonds et les acteurs du développement qui façonnent l’environnement d’investissement. Il permet aux entreprises de mieux comprendre les opportunités, les risques et les instruments de soutien existants pour les atténuer. Tout aussi important, il crée des liens directs. Les partenariats public-privé ne fonctionnent que si les partenaires se connaissent et se font confiance. À travers ce Forum, Enabel aide à tisser ces liens et à les structurer autour de projets d’investissement concrets. »
Quel est le message clé que vous souhaitez que les participants retiennent d’Abidjan ?
Jean Van Wetter: « Mon message est simple : la coopération Afrique-Europe et l’engagement belge en Afrique constituent des investissements stratégiques. Mais si nous voulons que les entreprises belges et européennes investissent et réussissent en Afrique, nous avons besoin de partenariats locaux solides, d’institutions crédibles et d’un engagement à long terme. C’est précisément là qu’une entreprise publique comme Enabel joue son rôle : relier la politique à la pratique. Abidjan n’est pas une fin en soi. C’est le début de partenariats et d’investissements concrets qui façonneront notre avenir commun. »