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9 septembre 2026
Anissa et Inas, deux jeunes professionnelles au grand cœur pour le Maroc
Pour l’une, travailler au Maroc a été l’occasion de mieux connaître un pays auquel elle s’est toujours sentie profondément liée. Pour l’autre, ce fut une première porte d’entrée vers le monde de la coopération internationale. Malgré des parcours très différents, Anissa et Inas se retrouvent dans une même ambition : contribuer à créer davantage d’opportunités pour les jeunes et les femmes au Maroc.
Anissa et Inas travaillent toutes les deux dans le cadre du programme Maroc Horizons Emploi, mais sur des activités différentes. Basée à Rabat, Anissa contribue à la gestion des subsides et des marchés publics, tout en appuyant le renforcement des capacités des partenaires.
Inas, quant à elle, a quitté Marrakech pour rejoindre la région de l’Oriental à Oujda, où elle travaille sur des activités liées à la formation technique et professionnelle des jeunes et des femmes. « Comme Anissa, j’assure le suivi des partenaires bénéficiaires de subsides du projet et je contribue également à l’organisation d’ateliers et d’autres activités avec les partenaires. »

Des parcours différents, un même objectif
Anissa a grandi en Belgique et a des racines marocaines. « Je suis née en Belgique, mais j’ai toujours ressenti ce lien avec le Maroc. Pouvoir aujourd’hui y vivre et y travailler est quelque chose de très spécial pour moi. »
Avant de rejoindre le Programme Junior, Anissa avait déjà acquis une expérience internationale. Elle a d’abord travaillé en Espagne, où elle accompagnait des organisations dans leurs demandes de financements européens. Elle a ensuite rejoint la Commission européenne à Bruxelles.
« Je travaillais à la Direction générale de la recherche et de l’innovation, où j’organisais des ateliers avec des partenaires du monde entier. » Ces expériences l’ont naturellement menée vers Enabel. « Je voulais vraiment m’engager dans la solidarité internationale, au-delà des frontières européennes. »
Inas est née et a grandi au Maroc. De formation en travail social et en économie, elle a travaillé avec des jeunes en situation de vulnérabilité à Marrakech. « Je travaillais pour une association qui accompagnait des enfants vivant dans la rue à Marrakech. Je faisais également beaucoup de bénévolat, toujours avec un objectif de solidarité. »
Pour elle, rejoindre Enabel a marqué un tournant important dans sa vie professionnelle et personnelle. « Je voulais mieux comprendre le travail lié aux politiques publiques après mon expérience de terrain. Le programme m’a permis de franchir cette étape. »

Une collaboration au-delà des régions et des fonctions
Bien qu’elles travaillent dans des régions différentes, Anissa et Inas font partie du même projet et collaborent étroitement. Leur coopération repose sur la flexibilité, l’entraide et l’apprentissage mutuel.
« Nous nous aidons dès que nécessaire et c’est enrichissant d’apprendre l’une de l’autre », explique Anissa. Au quotidien, cette collaboration se traduit par de nombreux échanges. « Je demande souvent conseil à Inas ou je lui demande de relire certains documents. Elle est toujours prête à m’aider. »
Elles ont également participé ensemble à plusieurs activités plus intensives. L’une des expériences les plus marquantes a été un atelier organisé directement avec le public cible du projet.
« C’était la première fois que nous rencontrions réellement les personnes auxquelles le projet est destiné », raconte Anissa. Pour Inas, cette rencontre a été particulièrement inspirante : « J’ai trouvé cela très enrichissant. J’étais face à des jeunes qui avaient mon âge, mais dont la réalité quotidienne était totalement différente. Selon l’endroit où l’on naît et les ressources dont dispose sa famille, la vie peut prendre des trajectoires très différentes, même au sein d’un même pays. »
Même si une grande partie de leur travail se déroule en coulisses, celui-ci est indispensable à la réussite des projets. « Les subsides constituent la base de nombreux projets », explique Inas. Anissa complète : « Derrière chaque subside se cache énormément de travail préparatoire et administratif. »

Un travail exigeant
Inas son parcours professionnel au sein d’Enabel n’a pas toujours été de tout repos. « J’ai contribué à la finalisation d’une convention de subvention. Au début, cela m’a semblé assez exigeant, car je découvrais encore certains aspects du processus. Mais cette expérience m’a beaucoup appris grâce à l’accompagnement et aux échanges avec mes collègues. »
Anissa a elle aussi dû relever plusieurs défis, notamment lors de l’organisation d’une visite d’étude internationale. « Préparer les rendez-vous partenariaux, coordonner la logistique pour un groupe de 19 personnes, réserver les hôtels, collecter et suivre les documents de visa, cela peut être assez intense. »
Après de nombreux échanges, réunions et préparatifs, l’effort en valait la peine :« Quand les participants nous disent qu’ils ont beaucoup appris et qu’ils sont satisfaits de leur expérience, c’est très gratifiant. »

Grandir sur le plan personnel et professionnel
Les deux jeunes femmes soulignent l’impact considérable de cette expérience sur leur développement personnel.
Pour Inas, vivre et travailler seule pour la première fois a été une véritable transformation : « Je n’avais jamais vécu seule auparavant. Cette expérience m’a rendue beaucoup plus autonome et indépendante. »
Anissa a vécu une évolution similaire : « Cette expérience m’a permis de gagner en confiance en moi et d’acquérir de nouvelles compétences. »
Elle a également découvert de nouveaux centres d’intérêt professionnels. « Je me suis rendu compte que le suivi et l’évaluation des projets et des actions m’intéressait beaucoup. C’est un domaine que j’aimerais explorer davantage à l’avenir et je suis en train de me former dans ce sens. »

Jeunes talents au maroc : opportunités et défis
Pour Inas, son recrutement chez Enabel a représenté une opportunité déterminante. « Pour les jeunes professionnel·les marocain·es, il n’est pas toujours facile d’accéder au secteur de la coopération internationale. On demande souvent déjà beaucoup d’expérience. Rejoindre Enabel m’a permis d’acquérir cette expérience et de me construire un parcours dans ce domaine. »
Elle estime toutefois qu’il est encore possible d’ouvrir davantage de portes aux jeunes talents locaux. « J’espère qu’à l’avenir encore plus de jeunes Marocain·es auront l’occasion de trouver leur place dans le secteur de la coopération internationale. »
Une double perspective
« J’ai toujours évolué entre différents univers culturels, et je considère cela comme une véritable richesse. » Selon Anissa cette expérience constitue un atout précieux dans son travail.
« Je connais à la fois les contextes belge et marocain, je parle français et un peu de darija, et je comprends certains codes culturels des deux côtés. Cela facilite les relations avec les partenaires et les collègues. »
Pour elle, les jeunes qui grandissent dans des familles ayant des liens avec plusieurs cultures développent souvent naturellement des compétences utiles à la coopération internationale : une capacité d’adaptation, une écoute attentive des autres et une aisance dans les échanges interculturels. « Nous apprenons très tôt à naviguer entre différents univers, et cela aide à créer des ponts entre des personnes, des organisations et des réalités différentes. »

Comprendre l’autre pour mieux agir
Malgré leurs parcours différents, Anissa et Inas partagent la même ambition : contribuer à créer davantage d’opportunités pour les autres. Leur histoire montre que la coopération internationale ne repose pas uniquement sur des projets et des résultats, mais aussi sur la rencontre, la compréhension mutuelle et la confiance.
Pour Inas, son job chez Enabel a été une porte d’entrée vers le secteur. Pour Anissa, il a représenté une occasion d’approfondir son lien avec le Maroc. Ensemble, elles illustrent la force des jeunes professionnel·les capables de construire des ponts entre différents mondes.
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Entretien réalisé en novembre 2025. Les fonctions et responsabilités décrites dans cet article reflètent la situation au moment de l’entretien. La mission d’Inas au sein d’Enabel est depuis arrivée à son terme. Quant à Anissa, sa mission en tant que Experte Junior prendra fin le 5 octobre 2026.