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11 mai 2026

Corridors stratégiques : connecter les territoires, transformer les économies

aerial view of cargo container

La réindustrialisation de l’Europe et l‘industrialisation de l’Afrique sont étroitement liées : alors que l’Europe cherche à renforcer sa souveraineté industrielle et technologique, l’Afrique entre dans une phase décisive de son expansion industrielle, portée par son dynamisme démographique et l’opportunité d’un saut technologique.

 

Les corridors prioritaires africains illustrent cette complémentarité. En modernisant leurs axes de transport et en renforçant les chaînes de valeur, ils facilitent les échanges commerciaux et la mobilité au sein du continent africain et avec l’Europe. Dans le cadre du plan d’investissement européen Global Gateway, qui identifie douze corridors prioritaires en Afrique, Enabel joue un rôle actif sur 8 d’entre eux en combinant assistance technique, infrastructures, investissements et transition écologique.

 

Des ports performants, atouts décisifs


Les ports maritimes jouent un rôle majeur dans la concrétisation de cette vision. Leur efficacité impacte directement la performance des corridors : coûts de transport, compétitivité locale et partenariats économiques.

En Afrique de l’Ouest, le corridor Cotonou–Niamey relie les pays enclavés du Sahel aux marchés régionaux. En partenariat avec le port d’Anvers‑Bruges, Enabel s’appuie sur son expertise en gouvernance portuaire pour soutenir la modernisation du port de Cotonou au Bénin – notamment sa compétitivité (le flux de marchandises y a augmenté de 45% entre 2010 et 2019) et son rôle de porte d’entrée vers le Niger, le Burkina Faso et le nord du Nigéria.

Enabel appuie également la gestion et la sécurité du corridor béninois, via un appui aux patrouilles de la Police Républicaine dans les zones sensibles du nord et du centre du pays.

À l’autre extrémité du continent, le corridor Dar es Salaam–Kigoma occupe une place centrale. En Tanzanie, où le port de Dar es Salaam absorbe 95 % du commerce international du pays, Enabel coordonne l’assistance technique au corridor : tandis que le port d’Anvers-Bruges et TradeMark Africa soutiennent l’amélioration des performances opérationnelles du port et l’harmonisation des processus douaniers, Enabel et ONU Habitat appuient la transition vers une économie bas carbone.

Enabel accompagne les autorités tanzaniennes dans la structuration du secteur des véhicules électriques et des infrastructures de recharge en collaboration avec TAEMA (Tanzania Electric Mobility Association, l’association tanzanienne qui fédère les acteurs de la mobilité électrique). Elle collabore également avec l’Université de Dar es Salaam afin d’adapter les formations aux métiers verts de demain.

 

Des leviers d’investissement régional


Les corridors Abidjan–Lagos et Abidjan–Ouagadougou articulent la circulation des biens, des personnes et du développement économique en Afrique de l’Ouest.

« Enabel accompagne la gestion durable des corridors et des ports, et soutient les investissements productifs : l’objectif est de transformer les couloirs en un espace économique structuré, en améliorant leur capacité à attirer des investisseurs. » explique Jean-Christophe Charlier, chef de l’unité Gouvernance chez Enabel.

Cette dynamique s’est incarnée dans le Forum d’affaires UE–Afrique de l’Ouest organisé à Abidjan du 30 mars au 1er avril 2026. Il a permis de présenter des projets identifiés le long des corridors à des investisseurs publics et privés, dans l’alignement de la stratégie Global Gateway.

 

Quant au corridor de Lobito, il relie les régions minières de la République démocratique du Congo et de la Zambie (la « ceinture de cuivre ») au port angolais de Lobito sur la côte Atlantique. En réduisant le transport ferroviaire du fret de près d’un mois à une semaine, il vise à dynamiser le commerce régional, créer des emplois et connecter les zones enclavées.

A travers le Global Gateway, Enabel appuie l’Agence de Facilitation du Transport en Transit du Corridor de Lobito, chargée de sa gestion trilatérale. Dans une approche Team Europe, Enabel ambitionne également de soutenir des chaînes de valeur agro‑alimentaires et minières, la gouvernance financière du secteur minier et la formation des jeunes aux métiers clés des corridors (transformation agro-industrielle, services de transport ferroviaire, énergie). Un appui à la modernisation du port de Lobito, en partenariat avec celui d’Anvers‑Bruges, est également envisagé.

À travers ces initiatives, les corridors et leurs ports deviennent de véritables moteurs de transformation économique et de coopération entre l’Afrique et l’Europe.

 

Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa : moteur de croissance


En Afrique équatoriale, le couloir vert Kivu-Kinshasa raconte une autre trajectoire de développement pour la RDC. Plus de 2600 km de routes et voies fluviales relient les Kivus, à l’est du pays, à Kinshasa à l’ouest, tout en protégeant les 540 000 km² du Bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Pensé comme un moteur de croissance verte et inclusive, il vise à conjuguer conservation des écosystèmes, développement socio-économique et promotion de l’économie verte.

Enabel soutient le développement de chaînes de valeur agricoles : l’agence aide les producteurs à se structurer, améliore la transformation des denrées et facilite leur acheminement depuis les territoires enclavés jusqu’aux centres économiques. Enabel renforce également le transport fluvial autour du fleuve Congo. Enfin, Enabel stimule le développement du secteur privé local, en soutenant l’agro‑entrepreneuriat et les investissements responsables.

Cette initiative fait écho à l’action de l’Alliance Virunga, portée par Emmanuel de Mérode autour du Parc national des Virunga : préserver un écosystème exceptionnel, tout en créant des opportunités économiques durables pour les communautés locales.

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