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11 mai 2026
Mobilité humaine : des services publics pour accompagner la réintégration
Les personnes migrantes qui retournent dans leur pays d’origine ne retrouvent pas toujours une place dans la société. Pour beaucoup, c’est un moment d’incertitude. Peu d’informations, des services difficiles d’accès, peu d’opportunités d’emploi.
Pour les services publics dans les pays d’origine, ces retours sont un défi, mais aussi l’occasion de s’aligner sur les besoins de toutes et tous, y compris des personnes migrantes de retour. La réintégration devient alors une opportunité de renforcer l’inclusion. À travers les projets MIGRET en Côte d’Ivoire et AMIS en Guinée, financés par l’Union européenne, Enabel défend cette approche de la mobilité : renforcer les conditions qui permettent à ces personnes de reconstruire leur avenir.
Créer les conditions d’une réintégration
Face aux enjeux de la réintégration, Enabel soutient les acteurs publics et privés pour faciliter l’accès à des opportunités économiques et aux services existants. Plutôt que de proposer une aide ponctuelle ou des dispositifs parallèles de réinsertion, Enabel renforce les circuits existants qui connectent les personnes migrantes de retour aux services d’assistance sociale, de l’emploi, de la formation et de l’entrepreneuriat.
En Côte d’Ivoire, à travers le projet MIGRET, Enabel a analysé les défis auxquels font face les personnes migrantes de retour, tant pour accéder aux droits et aux services qu’aux opportunités socioéconomiques disponibles. Ces analyses permettent aux acteurs publics, privés et associatifs d’adapter leurs services et leurs conditions d’accessibilité. De l’accueil au suivi en passant par l’orientation, l’appui psychosocial, la formation, l’insertion ou l’accès au financement, tous les acteurs de la prise en charge sont pris en considération.
En Guinée, le projet AMIS renforce les liens entre services publics de l’emploi, centres de formation, structures d’accompagnement et entreprises pour connecter les personnes migrantes de retour à des opportunités concrètes. Les partenariats avec le secteur privé sont essentiels pour aligner les parcours professionnels sur les besoins réels de l’économie locale.
L’accompagnement repose aussi sur une reconnaissance et une valorisation des compétences acquises lors de la migration : les expériences migratoires, mêmes difficiles, sont porteuses de savoir-faire techniques, relationnels et entrepreneuriaux. Enabel appuie des outils utilisés par les services publics, comme le bilan de compétences, qui met en valeur les acquis existants, identifie les besoins de formation et facilite l’orientation des jeunes vers des parcours professionnels adaptés. Un accent particulier est mis sur l’appui psychosocial et professionnel destiné aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap.
L’objectif est de soutenir des trajectoires réalistes, qui mettent en avant les acquis existants et les opportunités locales.
De l’individu au territoire : une dynamique collective
La réintégration est d’abord une question de système : les services qui permettent l’accès aux droits et aux opportunités existent-ils, sont-ils accessibles et adaptés dans la durée ?
Pour les personnes migrantes de retour, l’enjeu est double : disposer de services adaptés à leurs parcours, et s’appuyer sur des acteurs capables de veiller à leur inclusion en lien avec les institutions nationales et locales.
Plutôt que de créer des dispositifs parallèles ad hoc, MIGRET et AMIS renforcent les écosystèmes existants au bénéfice de toute la population. L’approche d’Enabel s’ancre au niveau territorial : elle renforce les capacités de gestion des services publics, des collectivités locales et de la société civile afin qu’ils puissent durablement accueillir, orienter et accompagner les personnes migrantes de retour.
En évitant de calquer un modèle unique, parfois inadapté aux réalités locales, l’approche d’Enabel contribue aussi à intégrer les enjeux de la réintégration dans les politiques nationales de l’emploi, de la jeunesse et de la migration.
Une approche qui rejoint les évolutions européennes
Ces expériences montrent que l’existence de systèmes adaptés ainsi que l’accès à des opportunités socioéconomiques permettent aux personnes migrantes de faire des choix de manière libre et autonome, dans un cadre régulier.
Cette approche s’inscrit dans une évolution plus large des politiques européennes, qui tendent vers une approche plus intégrée articulant gouvernance de la mobilité et de la migration, coopération avec les pays partenaires et appui aux systèmes nationaux de (ré)intégration.
Des projets comme MIGRET et AMIS traduisent ces orientations en actions concrètes, en investissant dans les territoires et les systèmes locaux, et en reconnaissant la mobilité comme vecteur de création de valeur.